

Par Pierre-Luc Beaudry
Créateur de contenu (et homme à tout faire) chez Saut Quantique
Le 12 janvier 2024
On s’y reprend chaque année; les fameuses résolutions du Nouvel An. Mais pourquoi, malgré toute la volonté du monde, nous avons autant de mal à les respecter ?
Dans ma famille, les résolutions, ça n’a jamais été une grande affaire. On ne prenait pas de moment pour faire une rétrospective de notre année. On ne prenait pas non plus le temps de se donner des buts à atteindre pour l’année qui vient. Même si c’est une pratique répandue, je m’explique facilement pourquoi elle ne l’était pas dans ma famille. J’ai reçu deux versions très différentes de ce qu’est le changement et comment l’aborder. D’un côté, il est dangereux et inconfortable; il est préférable de ne jamais rien changer pour être heureux. De l’autre, le changement est constant et nécessaire; l’adaptation, c’est la survie. Deux façons totalement opposées de percevoir et d’entreprendre la chose qui ont fait de moi quelqu’un qui a longtemps drôlement jonglé avec la notion du changement.

PAS SI CUL-CUL CES RÉSOLUTIONS…
Mais depuis quelques années, j’ai été initié à cette coutume des résolutions du Nouvel An par ma belle-famille. Pour être honnête, j’ai trouvé ça un peu cul-cul ou cliché quand l’idée de l’activité a été évoquée. Mais une fois le crayon en main et la page blanche devant moi, j’ai trouvé ça très dur. Premièrement de trouver ce que je désirais atteindre, puisque comme je l’ai dit plus tôt, le changement, c’était pour moi une question de nécessité, d’adaptation et non une question de désir. Et deuxièmement de devoir l’écrire, comme si le fait de le mettre sur papier m’engageait envers ces objectifs comme un contrat signé. Regarder tout le monde écrire des lignes, voir des pages de résolutions, de buts à atteindre m’a fait prendre conscience d’une chose : je me suis rarement demandé qu’est-ce que je désirais vraiment. Je peux vous dire que c’est déjà là un très grand changement pour moi que de me se poser ce genre de question.
Mais désirer et atteindre, c’est deux choses…
Cette année, en révisant mes objectifs de l’an dernier, je me suis rendu compte que certaines cibles ont été ratées, oubliées ou mises de côté. Mais bon, je suis quand même fier, c’est une belle amélioration pour moi que d’avoir déterminé et atteint certains objectifs dans les dernières années. Pour ceux qui me connaissent bien, j’ai évolué et changé plus rapidement dans les deux dernières années que dans les trente-deux années précédentes. Pas seulement dû au fait des résolutions prises en fin d’année, mais de celles prises tout au long des dernières années.
Mais pourquoi, malgré le désir, la détermination, tout le bon vouloir d’évoluer… certaines résolutions reviennent sans cesse sans réel changement au fil du temps ?
Je ne prétends pas être neurobiologiste, mais comme la pandémie a fait de certains garagistes des maitres boulangers, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas être un bon vulgarisateur sur ce sujet. Après tout, j’ai fait mes recherches!
QUAND LE PETIT SENTIER DEVIENT UNE AUTOROUTE
Notre cerveau est programmé pour chercher constamment le confort et la sécurité. Et rien n’est plus confortable et sécuritaire que la stabilité. Cet amour pour le familier est ce que les scientifiques appellent le « biais du statu quo ». Mais cette réticence au changement n’est pas seulement une question de peur comme on le laisse souvent sous-entendre. C’est surtout une question d’habitude. Pour voyager d’un point A à un point B, on cherche toujours à emprunter les voies rapides, et ce, même si des dizaines de routes secondaires sont possibles pour s’y rendre.

Ces autoroutes existent également dans notre tête, elles sont construites et entretenues par l’habitude. Nos neurones qui communiquent entre eux chaque milliseconde de notre vie, pour soit penser consciemment ou réagir inconsciemment, sont connectés entre eux comme un réseau routier. Plus un chemin est utilisé, plus il est facile et rapide d’accès. Ce réseau est loin d’être parfait, mais il essaie du mieux qu’il peut de nous assurer la survie, de nous tenir hors des dangers potentiels. Changer une habitude, une façon d’être, en fait c’est dévier le message neuronal de sa route habituelle. C’est changer la programmation établie dans notre cerveau. Ce n’est pas nécessairement du jour au lendemain qu’un sentier dans le bois devient une route praticable.

On n’est pas tous égaux face à cette réalité. Certaines personnes sont de vrais rouleaux compresseurs, prêtes à tout moment à établir des autoroutes là où il n’y avait avant aucun chemin. Certaines au contraire sont totalement incapables d’imaginer d’autres itinéraires. Et il y a le commun des mortels qui essaie d’évoluer, de créer de nouvelles routes en ne réussissant pas tout à fait toujours parfaitement à atteindre les objectifs qu’il espérait.
Encore là, tout ça, c’est une question d’habitude, de programmation. Cette programmation en partie héritée de nos ancêtres et en partie construite sur nos expériences. Une personne qui hérite et construit majoritairement sa programmation sur une notion d’adaptation constante aura beaucoup plus de facilité à se réinventer qu’une personne qui hérite et construit la sienne sur le confort du statu quo. Mais même si pour certains, ça peut être plus facile, nous avons tous les mêmes possibilités d’adaptation et de changement.
Personnellement, plusieurs choses m’ont aidé à évoluer, à aborder le changement plus facilement, agréablement et régulièrement.

TREMPLIN VERS LE CHANGEMENT
La première est de comprendre et d’accepter ce qui est. Parce que si j’ai certaines habitudes et certaines façons d’être, ce n’est pas du hasard. Tout ce qui nous définit est le produit de causes à effets. Chaque réseau emprunté par le fil de notre pensée, chaque circuit utilisé pour effectuer nos actions conscientes et inconscientes est établi par des données qu’il est possible de comprendre. Être en paix avec le « Pourquoi je suis comme ça? Pourquoi je réagis comme ça? Pourquoi je vis ça? », ça aide à sortir de la victimisation et du fatalisme du « C’est comme ça, ça va toujours être comme ça! » Notre cerveau est une créature délicate, programmée pour résister au changement et s’accrocher au familier. Mais comprendre pourquoi il est ainsi programmé est une étape cruciale pour accepter son passé et se permettre d’envisager un futur différent.
La deuxième est de croire. Que tout est possible, que de changer, d’évoluer réellement, d’obtenir des résultats tout à fait différents c’est vraiment possible lorsqu’on y croit. J’ai longtemps été un champion dans l’art de douter. Un vrai sceptique, je doutais de tout, toujours. Je doutais non seulement de ce qu’on me disait, mais aussi et surtout de ce que je me disais à moi-même. Travailler pour Saut quantique a fait toute la différence sur ce point-là. Voir autant d’exemples de gens qui se sont transformés sous mes yeux, qui ont atteint des résultats improbables. Voir l’impossible devenir possible aussi régulièrement, ça aide beaucoup à faire confiance aux possibilités. J’ai réalisé que ce en quoi je crois a une immense influence sur les possibilités que je me donne.
La troisième est de visualiser. Imaginer ce que je pourrais faire pour me défaire de certaines habitudes, pour me sentir mieux, pour améliorer ma vie. Ça n’a vraiment pas été la chose la plus innée pour moi. Apprécier les choses comme elles sont et éviter de les changer fait après tout partie de ce que j’ai hérité comme programmation. M’entourer de gens qui ont cette facilité, cette habitude de cheminer constamment pour évoluer m’a également beaucoup aidé. Mais visualiser, c’est pas tout, il faut encore être capable de se mettre en action pour concrétiser nos désirs.
La quatrième est de mettre les choses en pratique. Avancer, essayer, se tromper, puis réessayer et continuer d’avancer. Parce qu’emprunter les mêmes chemins, ça mène aux mêmes endroits. Emprunter des chemins nouveaux ça peut faire peur, ça peut brasser fort, mais c’est la seule façon d’avoir des résultats différents. Je suis encore loin d’être une machine pour défricher et créer de nouvelles routes, mais à force de prendre les petits sentiers, j’ai appris qu’ils menaient souvent à des endroits beaucoup plus agréables. Qu’ils me permettaient de vivre et d’expérimenter des choses nouvelles ! Mais surtout, j’ai appris que plus on s’aventure à essayer, plus c’est facile et instinctif de le faire. C’est la raison pour laquelle on entend parfois qu’il est préférable de déconstruire nos objectifs en plusieurs étapes. Entre être découragé d’être perdu quelque part entre A et Z et avoir la gratification d’avoir atteint B C D E F G H I… une des deux méthodes est plus encourageante que l’autre.

La dernière et non la moindre est d’avoir compris que la réticence au changement n’est pas seulement une question de peur… mais qu’elle peut parfois prendre le dessus. Elle ne se nomme pas et ne se ressent pas toujours comme telle. Elle peut également prendre plusieurs formes, cette peur.
C’est en travaillant sur un atelier pour les étudiants de la formation des fondements des lois biologiques que j’ai découvert que tout le monde peut rencontrer ces « murs » sur le chemin vers un objectif. Ces peurs souvent inconscientes, que l’on nomme des « pièges biologiques », sont de très fortes programmations qui nous empêchent parfois d’atteindre des résultats. Le doute, le découragement, les croyances limitantes et la dévalorisation en sont quelques exemples. Savoir reconnaitre et défaire ces pièges lorsque l’on y fait face est important pour avoir accès à de vrais résultats.
Autrement, on continue de faire les mêmes résolutions chaque année.
5 Commentaires
Bon vendredi Pier-Luc.
Félicitation pour ton super de beau partage et ton changement réussi dans ta vie.
Merci de tout ce que tu fais à Saut Quantique pour nous aider.
Félicitations Pierre-Luc, merci pour ton partage et merci aussi pour tout ce que tu fais en rapport avec Saut Quantique. Dans mon ressenti et perceptions, depuis que je te connais il est vrai que tu as changé, évolué. J’ai un sourire lorsque je me souviens de te voir la 1re fois à OVE et toutes les autres fois que je t’ai vu jusqu’au dernier atelier. C’est comme des versions de toi qui ont défilé devant moi. WOW !!!!! que de changements, encore bravo et fantastique continuité.